Granulés ou floconnés : faire le bon choix

Granulés ou floconnés ? C’est une des premières questions que se posent les propriétaires de chevaux quand ils nourrissent avec de l’aliment.  Pourtant, y a-t-il une réelle différence entre les deux ? Et surtout, est-ce vraiment la question la plus importante ?

En premier, évaluer les besoins de son cheval

C’est la première étape quand vous vous intéressez à l’alimentation de votre équidé ! Votre cheval a des besoins spécifiques qui dépendent surtout de ses besoins physiologiques (entretien, croissance, gestation, lactation etc) de son score corporel et de l’intensité de son travail au quotidien. De plus, s’il présente une sensibilité particulière vis à vis de certaines pathologies liées ou aggravées par l’alimentation (ulcères gastriques, coliques digestives, myosites ou fourbures), il peut être indispensable de mettre en place un programme alimentaire adapté pour prévenir ou éviter les récidives. Ce sont toutes ces pistes réflexions qui doivent vous orienter vers le choix du bon programme alimentaire.

Ensuite, définir un programme alimentaire et choisir un type d’aliment

Une bonne alimentation, c’est un programme alimentaire qui est en adéquation avec les besoins du cheval, en qualité et en quantité. Dans ce programme, le fourrage (pâturé ou conservé) joue un rôle indispensable en termes d’apport nutritionnels. L’aliment doit venir s’ajuster dessus pour compléter ses apports et couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels du cheval. C’est pour être au plus près de cet ajustement que les aliments sont formulés pour des contextes précis. Ainsi par exemple, un aliment adulte ne sera pas assez riche en protéines si vous le donner à une poulinière en lactation. De même, un aliment sport sera trop énergétique pour un cheval de club.

La qualité d’un aliment :

Un bon aliment, c’est un assemblage de matières premières variées, dont les caractéristiques nutritionnelles (pourcentage de chaque nutriment) sont bien connues et dont le risque sanitaire (contaminants comme les champignons ou les mycotoxines par exemple) est parfaitement contrôlé. Si vous décidez de faire confiance à un fabricant d’aliment, c’est que vous avez confiance en sa connaissance des matières premières utilisées et en sa capacité à ajuster leur taux d’incorporation pour garantir des valeurs nutritionnelles stables.

Par exemple, des formules fixes (toujours le même pourcentage de chaque matière première) ne permettent pas de garantir une stabilité du cahier des charges nutritionnel, ceci à cause des variations nutritionnelles des matières premières. En effet, le taux de protéines peut varier de plus de 4% et d’amidon de plus de 10% sur de l’avoine en fonction de sa provenance !

Un bon aliment respecte donc un double cahier des charges :

  • matières premières (taux de chaque ingrédient dans l’aliment)
  • nutritionnel (apports en énergie, protéines, vitamines et autres nutriments qui permettent de couvrir les besoins du cheval concerné)

En ce qui concerne la marque Destrier, plus de 40 000 analyses sont effectuées chaque année sur chacun des sites de fabrication afin d’évaluer la qualité nutritionnelle et sanitaire des matières premières intégrées dans les aliments de la gamme.

La quantité distribuée :

Après la qualité vient la quantité, et ce afin d’ajuster parfaitement la ration aux besoins nutritionnels du cheval. Elle est fonction notamment du poids et de l’état corporel des chevaux ainsi que de l’intensité de leur activité.

Le bon usage :

Pour finir, il est important de respecter le « mode d’emploi » d’un aliment, c’est à dire de ne pas le détourner de son usage. Ainsi, un aliment complémentaire de fourrage et de céréales suppose comme son nom l’indique un apport de céréales dans la ration.

En dernier, se poser la question de la présentation

On arrive enfin à cette question de présentation sous forme de granulés ou floconnés. En réalité, c’est bien la dernière question à se poser.

Dans les granulés, l’ensemble des matières premières sont mélangées, broyées et pressées (ce qui peut s’apparenter à une cuisson). Pour le floconné, les matières premières sont strictement identiques aux granulés, mais certaines (notamment les céréales) ne sont pas incorporées dans le granulé puisqu’elles restent entières ou bien sont ajoutées sous forme floconnée. C’est d’ailleurs cette plus grande complexité de fabrication qui explique la différence de prix.

Shéma Processus de fabrication des granulés et floconnés

Il y a donc bien les mêmes matières premières dans les deux présentations. Si le floconnage améliore la digestibilité de l’amidon (par rapport à l’amidon cru), il en est de même pour les céréales en granulés. Conclusions : la granulation comme le floconnage améliorent la digestibilité de l’amidon [1][2] et nutritionnellement parlant, il n’y a pas de différence entre les deux.

De manière anecdotique, on peut tout de même souligner que le floconné prolonge un petit peu la durée d’ingestion, ce qui est plutôt bénéfique car cela favorise la salivation.

Pour conclure, même si les ingrédients des granulés ne sont pas visibles à l’œil, il n’y pas de raison de leur faire moins confiance que pour un floconné. Vous l’avez compris, l’essentiel, c’est bien d’identifier les besoins de votre cheval afin de lui donner le bon aliment en bonne quantité. La présentation granulée ou floconnée est ensuite un choix secondaire.

Marine Slove,

Vétérinaire et nutritionniste  Destrier

Bibliographie :

[1]C. Cerdan, “L’index glycémique des aliments dans l’alimentation des chevaux”, Thèse d’exercice vétérinaire, ENVT, 2012

[2]M. Varloud, A. Guyonvarch, “Energy sources for horses : investigating some ways for pre-cecal starch digestibility improvement”, Essai terrain, R&D Neovia, 2012.