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Les 10 bons réflexes alimentaires pour en finir avec les ulcères gastriques !

Temps de lecture : 6 min 

Dernière mise à jour : mars 2019 

 

Vous le savez : le talon d’Achille du cheval, c’est son système digestif ! Son estomac est particulièrement sensible à un syndrome que vous connaissez sûrement : les ulcères gastriques. C’est la gastroscopie, utilisée chez le cheval depuis le milieu des années 80 [1], qui a permis d’objectiver ce syndrome et ainsi de mieux le diagnostiquer. Contrairement à une idée reçue très répandue, il n’y a pas que les chevaux au travail intensif qui peuvent être touchés. Les études ont montré qu’environ 17% des chevaux, toutes activités et modes de vie confondus, pouvaient être touchés (70 à 93% chez les chevaux de courses et 40 à 67% chez les chevaux de selle dans différentes disciplines et selon les études [2]).

C’est une très bonne connaissance de ce syndrome de la part des propriétaires et professionnels du cheval qui leur permettra d’ajuster au mieux l’alimentation, l’environnement et l’entraînement (rien de tel que de connaître son ennemi pour mieux le vaincre) et donc d’éviter les récidives. Pour vous aider en ce sens, nous vous livrons ici les astuces d’une alimentation idéale pour un cheval qu’on sait sensible aux ulcères gastriques.

 

Les ulcères, comment ça arrive ?

 

L’estomac du cheval est divisé en deux parties distinctes : la muqueuse non glandulaire (dite “squameuse”) en partie dorsale (haute) et la muqueuse glandulaire en partie ventrale (basse). La sécrétion d’acidité y est continue, même en l’absence d’aliments et le gradient d’acidité est croissant du haut vers le bas : le degré d’acidité est plus élevé en bas, sur la muqueuse glandulaire de l’estomac.  

=> Schéma (reprendre celui de l’article Cheval Santé) 

La muqueuse glandulaire, en permanence exposée au contenu gastrique, est bien pourvue en mécanismes de protection contre l’acidité (la nature est bien faite). En revanche, la muqueuse squameuse (moins exposée) est moins bien pourvue. Le maintien de son intégrité est donc complètement dépendant de son exposition limitée au contenu acide. Or, un cheval est soumis à un grand nombre de contraintes liés à sa domestication et à son utilisation pour le sport : stress, alimentation, mode de vie etc. Tous ces paramètres vont influer sur la régulation de l’acidité gastrique sur cette partie peu protégée de l’estomac. Par exemple, lorsque le cheval est à l’effort, ses muscles abdominaux se contractent, provoquant une augmentation de la pression intra-abdominale : la pression alors exercée sur les parois de l’estomac est à l’origine d’une remontée du contenu gastrique vers sa partie haute. Les sécrétions acides vont alors abîmer la muqueuse squameuse, dépourvue de barrière protectrice [2]. Lors de cette agression et en réaction pour se protéger un tant soit peu, la couche de kératine s’épaissit. Mais ce mécanisme de protection est vite dépassé quand l’exposition devient excessive et c’est alors que des ulcères apparaissent.

Ulcères gastriques chez un Pur-sang Anglais – score 2/4

Ulcères gastriques chez un Pur-sang Anglais – score 3/4

 

Notons que ces lésions squameuses primaires qui touchent essentiellement les chevaux adultes à l’entraînement sont les plus fréquentes mais qu’il existe d’autres types de lésions ulcéreuses. 

 

Quelle sont les 10 bonnes pratiques d’alimentation pour un cheval sensible ? 

 

Pour bien nourrir votre cheval sensible, il va vous falloir faire un savant dosage : apporter suffisamment d’énergie pour couvrir ses besoins nutritionnels tout en assurant une sécurité digestive optimale.  Voici 10 règles d’or : 

 

1) Favoriser l’apport en fibres  

 

L’herbe et autres fourrages vont favoriser la mastication. Or, lorsque le cheval mastique, il secrète de la salive riche en bicarbonates qui va contribuent à neutraliser l’acidité de l’estomac. Ainsi, le pH gastrique du cheval reste relativement stable au cours du temps. Les fourrages ont en plus un pouvoir tampon intrinsèque.

De plus, les fourrages contribuent au bien-être psychologique du cheval et diminuent le stress physiologique qui constitue un facteur favorisant des ulcères gastriques. 

 

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2) Limitez les périodes de jeûne 

 

Dans la nature, l’alimentation est la première activité du cheval qui passe environ 60% de son temps à manger (soit 15 à 16 h par jour) [3] ! Imaginez-vous, c’est plus qu’une journée entière de travail ! Si des périodes de jeûne prolongé (plus de 4 à 6 heures), sans fourrage et sans sécrétion de salive associée à leur mastication, surviennent, alors que la sécrétion d’acidité dans l’estomac est continue chez le cheval, le pH gastrique va descendre, exposant ainsi la muqueuse de l’estomac à l’acidité. C’est là que les ulcères apparaissent. La solution ? Mettre du foin à disposition fréquemment. Pas de panique, on ne va pas vous demander de vous relever la nuit : le filet à foin est une excellente alternative.  

Ces problèmes liés au jeûne se rencontrent principalement chez les chevaux au box mais également chez les chevaux mis plusieurs heures dans des paddocks en sable ou en terre, sans aucune source de fourrage. Pensez aussi aux longues heures de transport ! 

 

3Gérer le planning de travail par rapport à l’alimentation 

 

Il est déconseillé de travailler un cheval dans les 2h suivant l’ingestion d’un repas de concentrés. Notons par ailleurs qu’il n’est pas plus conseillé de travailler un cheval à jeun depuis plusieurs heures : la muqueuse squameuse se trouve alors fortement exposée aux projections acides secondaires à l’augmentation de pression intra-stomacale due à l’effort physique. Une fois encore, c’est une question de compromis :  privilégiez avant le travail la prise d’un repas léger constitué de fibres. 

 

4) Soyez vigilant(e) avec l’énergie glucidique (les “sucres”) ! 

 

Globalement, apportez des glucides très digestibles et donc rapidement fermentescibles (avoine, blé, flocons de céréales, mélasse) en quantité maîtrisée. En effet, ces derniers sont métabolisés dans l’estomac en acides gras volatils (AGV) et entraînent une baisse du pH gastrique (augmentation de l’acidité). Bien entendu, à partir du moment où votre cheval pratique une activité sportive, il est indispensable de lui amener suffisamment d’énergie pour couvrir ses besoins sportifs (Tout savoir sur l’Indice Destrier Energie). L’apport de céréales est donc particulièrement intéressant à condition d’utiliser celles qui sont le moins susceptibles d’acidifier le contenu gastrique et de favoriser l’apparition d’ulcères. Vous l’avez compris, tout est affaire de compromis : il n’est pas question de supprimer les sucres mais de les gérer de manière cohérente dans la ration globale. Pour ce qui est de l’amidon, veillez à rester en dessous de 2g/kg PV (Poids Vif)/jour.

Pensez également à utiliser suffisamment de fibres solubles émollientes à fermentescibilité modérée (son de blé, graine de lin). 

 

5) Privilégiez l’apport en matières grasses 

 

Les lipides sont très intéressants puisqu’ils permettent de fournir suffisamment d’énergie dans un volume alimentaire restreint, c’est-à-dire de diminuer la part de céréales dans la ration pour une valeur énergétique donnée. De plus, les acides gras essentiels : ω3 (acide linolénique) et ω6 (acide linoléique) augmentent la concentration de prostaglandine PGE2 dans l’estomac et favorisent la production de mucus et de bicarbonates pour inhiber la sécrétion acide. 

Veillez tout de même à ne pas “encrasser l’organisme” et restez vigilants sur l’équilibre du ratio ω6/ω3 (à l’inverse des aliments complets, les céréales utilisées habituellement en alimentation équine apportent trop d’ω6 par rapport aux ω3). Attention, l’ajout d’huile nature dans la ration doit faire l’objet d’une réflexion pointue : c’est un calcul qui s’effectue sur la ration globale pour éviter les excès et qui ne s’ajoute pas “au petit bonheur la chance” (vérifiez d’abord ce que contient la ration de votre cheval). 

 

6Optimiser l’apport en protéines 

 

N’exagérez pas le taux protéique mais veillez à une bonne couverture en acides aminés indispensables (acides aminés qui ne peuvent être synthétisés par l’organisme) [4].  

 

 

7) Permettre à l’organisme de lutter contre le stress oxydatif 

 

Supplémentez en facteurs nutritionnels ayant des vertus antioxydantes (Vitamines C et E, Sélénium etc) ou utilisez des aliments déjà complémentés [4]. 

 

 

8) Protéger la muqueuse 

 

Ajoutez des substances tampons du pH digestif (bicarbonate de sodium) et des substances protectrices de la muqueuse intestinale [4]. L’argile fine peut être une alternative ponctuelle mais il faut rester vigilant car elle peut freiner l’assimilation sur le long terme.

 

9) Augmenter la sécurité digestive 

 

Utilisez des régulateurs de flore choisis pour leur bonne efficacité pratique dans l’espèce équine : probiotiques (micro-organismes vivants qui, ingéré en quantité suffisante, ont un effet bénéfique sur la santé en améliorant l’équilibre de la flore intestinale) et prébiotiques (substance non digestible qui sert de substrat à la flore du côlon) afin de limiter les fermentations bactériennes indésirables produisant des AGV et de l’acide lactique [4]. 

 

L’élaboration d’une ration complète et équilibrée pour un cheval sensible aux ulcères est très complexe. Par souci de sécurité mais aussi de simplicité, vous pouvez opter un aliment complémentaire de fourrage adapté aux chevaux sensibles aux ulcères gastriques :  

 

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10) Adoptez des bonnes pratiques de distribution 

 

La manière dont vous distribuez l’aliment est presque aussi importante que l’aliment en lui-même ! 

À l’état naturel, le cheval mange tout au long de la journée et ne remplit donc pas complètement son estomac, de sorte que la majeure partie de la muqueuse squameuse n’est jamais exposée au contenu acide [5]. Il convient donc d’éviter de trop remplir l’estomac en fractionnant la distribution de concentrés afin de plafonner les volumes ingérés à un maximum de 0,5% du poids vif par repas (2,5 kg pour un cheval de 500 kg). La distribution de l’aliment en trois repas par jour semble être un minimum pour un cheval sensible aux ulcères gastriques. 

Par ailleurs, le stress est un facteur prédisposant aux ulcères gastriques. Il convient donc de limiter tout ce qui pourrait le favoriser, y compris dans la distribution des repas. Le cheval a une horloge biologique interne qui influence sa faim et lui permet d’anticiper les sécrétions digestives et de réguler son métabolisme avant un repas. C’est pourquoi le nourrir avec régularité présente pour lui un confort aussi bien biologique que psychologique. 



L’utilisation que nous faisons des chevaux explique en grande partie la prévalence (nombre de cas d’une maladie dans une population) des ulcères gastriques. Il nous appartient donc de tout mettre en œuvre pour en limiter l’apparition. Les mesures préventives passent bien évidemment par une gestion nutritionnelle, comme nous l’avons décrite ici, mais également par une gestion environnementale et sportive. Vous aurez noté que si l’alimentation joue un rôle fondamental pour prévenir l’apparition ou la récidive d’ulcères, elle ne permet en aucun cas de les traiter une fois qu’ils sont présents. Si votre cheval présente des symptômes avérés, votre vétérinaire traitant sera le plus à même de poser un diagnostic et de mettre en place un traitement adapté. 

 

Nutrition de précision : Les conseillers Destrier pro sont équipés d’un logiciel de rationnement (Destrier ONE) afin de vous proposer des rations au plus près des besoins de vos chevaux. 



Bibliographie : 

[1] V. Lafargue, La gastroscopie chez le cheval, Thèse d’exercice vétérinaire, ENVA, 2008, Disponible sur : http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1247 [Consulté le : 15-oct-2018]. 

[2] C. Marguet, Etude de prévalence des ulcères gastriques chez le cheval d’endurance, Thèse d’exercice vétérinaire, ENVT, 2009, Disponible sur : http://oatao.univ-toulouse.fr/3028/1/hartmann_3028.pdf [Consulté le : 8-oct-2018]. 

[3] A.C. Grison, P. Doligez, M. Vidament, Le budget temps du cheval, Equipaedia, 2014. [En ligne]. Disponible sur : http://www.haras-nationaux.fr/information/accueil-equipaedia/comportement-ethologie-bien-etre/comportement-naturel/budget-temps.html#c31587 [Consulté le : 5-oct-2018]. 

[4] R.M. Wolter, C. Barré, P. Benoît, 2014, L’alimentation du cheval, Edition France agricole, 3ème édition. 

[5] M-Y. Doucet et A. Vrins, Les ulcères gastriques : physiopathologie, stratégies thérapeutiques et préventives, Département de biomédecine vétérinaire et Département de sciences cliniques, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal, C.P. 5000, Saint-Hyacinthe, Québec, Canada, J2S 7C6.